« Changer le collège, c’est possible » sur le site « Ecole changer de cap ! »

http://www.ecolechangerdecap.net/spip.php?article120

À propos de Jérôme Saltet

J'ai 50 ans, je suis marié et j'ai 3 enfants. Mon fils aîné a 21 ans et est en première année d'école de commerce. Ma fille a 18 ans et va passer un bac littéraire. Mon plus jeune fils a 11 ans et vient d'entrer en 6e. Ils ont tous les trois suivi leur scolarité dans les écoles publiques de notre quartier, à Paris.
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3 réponses à « Changer le collège, c’est possible » sur le site « Ecole changer de cap ! »

  1. Yves F dit :

    Bonjour,

    Changer le collège, bravo!
    Mais n’oublions pas qu’il y a une marche avant d’y arriver: l’école primaire.

    Dernièrement, je lisais sur le site de Playbac:
    « Aujourd’hui, le rêve de l’équipe de Play Bac est de créer aussi une «école idéale», en commençant par un collège «révolutionnaire» à construire quelque part en France. »

    Et pourquoi pas commencer par les deux? Est-ce que ne commencer que par un collège n’induirait pas déjà une absence de continuité pédagogique entre l’école et le collège?
    Ou alors cette assertion présuppose qu’il n’y a pas de problème à l’école.

    Qui a enseigné et ne rêve pas de construire une « école idéale »?
    Enseignant depuis vingt ans, j’ai croisé des professeurs dont l’œil pétillait à l’idée d’ouvrir une école; une école qui ferait que chaque enfant y entrerait avec le sourire et sortirait à reculons. Une école où enfants, parents, intervenants, enseignants travailleraient main dans la main. Une école où il n’y aurait plus ni murs ni portes entre les classes. Une école où les enfants ne seraient pas parqués dans un niveau en fonction de leur âge.
    L’école idéale, c’est un peu d’utopie et beaucoup d’énergie.
    L’utopie ne coûte rien, elle est le socle du rêve mais du rêve à la réalité, il y a l’énergie qu’il faut déployer pour la création et la pérennisation de l’école et c’est là que le bât blesse…
    Trouver les moyens de financement et fédérer une équipe autour d’un tel projet relèvent de l’exploit. C’est pourquoi, peu à peu les châteaux de cartes s’écroulent en salle des maîtres et que les rêves s’effilochent. Alors chaque enseignant fait ce qu’il peut chaque jour et si luit dans sa tête encore un coin de ciel bleu, il se démènera pour faire du nouveau, de l’inédit.

    Selon le point de vue, l’école idéale n’est pas identique pour tout le monde.
    Après avoir enseigné dans tous les niveaux – de la maternelle au lycée, , après avoir travaillé dans tous les milieux -de la ZEP de la banlieue nord de Paris aux quartiers bourgeois -, après avoir rencontré de doux rêveurs et des Topaze, des Melle Candy et des Madame Legourdin (c.f. Matilda de Roald Dahl), je vois l’école selon un prisme qui m’est tout à fait personnel.

    Petit, je n’aimais pas l’école. Je n’aimais pas apprendre, je n’aimais pas être le premier de la classe et jusqu’au lycée, j’ai toujours eu envie de ne pas faire ce que me demandait le professeur. Arrivé par hasard mais non sans conviction dans l’éducation nationale (ce qui est fondamentalement différent de la fameuse vocation), je n’ai eu qu’un leitmotiv:comment rendre l’enseignement agréable pour les enfants?
    Question bateau?
    Pas tant que ça.

    Pur produit des nouveaux IUFM, j’ai été nourri au mépris de ce qui se faisait avant. Sans discernement. Les « vieilles » enseignaient mal et on était la relève. Nous, on avait lu Meirieu et on saurait mettre l’élève au cœur du système. Très bien, sauf qu’on ne nous avait pas prévenus: on allait devoir travailler avec des « vieilles » et les parents dont les enfants n’ont aucun problème avec les vieilles méthodes. Alors, c’était le grand écart entre le « faites ça des Inspecteurs et le fais pas ci des anciens ». Plutôt que de marcher au bord du toit, je me suis constitué progressivement mon arsenal personnel, je me suis rapproché de tous ceux qui voulaient enseigner différemment autour de projets et j’ai crée chaque année ma classe idéale. Ma classe du sourire.

    Alors quand je lis que votre rêve, c’est de créer une école idéale, je dis chiche.
    Certaines expériences sont déjà tentées telles que celle du collège Clisthène (Vous trouverez son site en saisissant collège Clisthène dans n’importe quel moteur de recherche). Les écoles Montessori, Freinet sont des avant-gardes. Il suffit aussi de flâner dans quelques écoles classiques, de s’asseoir et d’observer quelques classes pour s’apercevoir que l’expérience pédagogique est une réalité.
    Hélas, trop souvent, elle est de court terme et trop peu portée par l’institution exceptée pour en faire une vitrine.

    D’abord, regardons le premier postulat de l’éducation Nationale. Elle n’est Nationale que dans les programmes. Qui peut croire que l’élève de ZEP bénéficie du même traitement que celui de Neuilly? Qui peut penser que l’école s’arrête à 16h30? L’école, c’est le miroir de la vie à l’extérieur. L’enfant qui n’a jamais accès à la culture par ses parents réussira moins. C’est un fait. Déterminisme social? Oui. Et voilà, ce qui m’écœure. Voilà pourquoi je ne crois plus en l’éducation nationale mais pourquoi je veux croire en une école nouvelle.

    Une école qui ferait que « favorisés » et « défavorisés » travailleraient chacun avec et pour l’autre. La culture de l’un et l’énergie de l’autre au service d’une réflexion commune. L’argent des uns pour la réussite des autres afin d’enrayer le gâchis explosif de la désectorisation. Et au milieu de ces enfants, une équipe fédératrice, agitatrice d’idées nouvelles. Au chacun pour soi du radeau de la Méduse, je préfère le tous pour trois de la mission Apollo 13. Je crains, cependant, que notre école devienne le premier tableau. L’an dernier, j’étais affecté en tant que professeur d’appui dans un Réseau en ZEP dans les Hauts-de-Seine. Un pied dans le primaire et l’autre au collège; j’ai pu travailler en synergie avec professeurs du collège et professeurs des écoles. Nous avons initié des projets auxquels personne ne croyait au départ et si la hiérarchie y avait accordé plus de crédit, nous aurions tous été motivés pour en faire davantage cette année. Y a-t-il beaucoup de professeurs de collège qui n’hésitent pas à venir intervenir en maternelle? Combien d’enseignants sont prêts à « lâcher » leur classe pour tenter l’enseignement autrement? Toutes ces micro expériences ont été tentées et elles ont réussi. A force de motivation et de persuasion.

    « Une école idéale » où l’envie est la pierre angulaire de sa constitution. Pas uniquement, l’envie de faire plus mais faire autrement. Apprendre en jouant? Pourquoi pas? C’est que j’ai tenté chaque année mettant au point avec d’autres enseignants une méthode ludique et motivante pour que les enfants apprennent. Une méthode qui incite les élèves en difficulté à réclamer de faire une dictée au tableau. Une méthode qui rend la poésie moins fastidieuse et le calcul mental amusant. Une méthode qui fait que chaque élève a un suivi personnalisé et que la note n’est plus qu’un souvenir. Il en faut de l’énergie pour convaincre les parents que ça peut marcher. Une méthode qui fait chanter les élèves en grammaire… Bref, il a fallu des tâtonnements et le regard extérieur des collègues pour m’inciter à continuer. Parce qu’à un moment, je me demandais s’il était normal que les élèves soient plus debout qu’assis. Et à une Inspectrice qui me reprochait d’avoir installé les tables frontalement et qui doutait qu’ils puissent travailler en groupe, je lui laissais le temps d’observer les élèves travailler en groupe, chacun pour la réussite des autres. La forme n’induit pas forcément le fonds. L’architecture et l’aménagement ne sont pas irréfutablement le pendant de la méthode. La méthode, c’est l’idée qu’on se fait de l’enseignement. Et cette idée est indubitablement liée à l’avenir de l’enfant. Le partitionnement en années scolaires fait de l’enfant un élève. Si l’on arrêtait de réfléchir en élève, on s’apercevrait que son horizon ne va pas de la rentrée à la sortie de l’année scolaire. Un élève n’est qu’une partie de l’enfant. Il faut réfléchir à long terme, loin du redoublement, du livret scolaire et de l’évaluation normative. On devrait casser le modèle -trop souvent vu-, un niveau, une salle, un maître qui perdure depuis des années. Puis ébrécher doucement les murs entre maternelle et élémentaire et élémentaire et collège.

    Puis, plutôt que de se morfondre sur le « décrochage scolaire » et d’insister au travers du Socle commun sur l’avenir professionnel de l’élève, si l’on cessait de voir l’école comme un escalier où à chaque étage des élèves s’essoufflent, on la percevait comme une plaine de savoirs et savoir-faire.

    Alors oui, une école idéale, c’est possible.
    Une école qui se donnerait le temps de ne pas regarder chaque année à la loupe les résultats de l’étude PISA, une école qui ne se comparerait pas toujours avec l’école finlandaise. Une école qui serait la future société.

    « Lorsqu’on rêve tout seul, ce n’est qu’un rêve alors que lorsqu’on rêve à plusieurs c’est déjà une réalité.
    L’utopie partagée, c’est le ressort de l’Histoire. »
    Helder Pessoa Câmara

    Ce blog laisse présager que nous sommes plusieurs à rêver. Allons-y!

    Yves F

  2. Sylvie DC dit :

    On commence quand?

  3. didier dit :

    Allez trouvons du monde. Il y en a beaucoup que celà interesserait !! Suffit de trouver les bonnes personnes motivés et foncer !

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