Pourquoi les réformes ne marchent jamais ? Un débat révélateur

J’ai suivi le débat sur lemonde.fr ce matin, avec Thierry Cadart, secrétaire général du Sgen-CFDT. Bien que son syndicat prône le changement, et qu’il ait pris position en faveur de certains points de la réforme du lycée, les échanges ont été révélateurs de ce qui bloque systématiquement les réformes :
1. La crispation sur les moyens. On parle beaucoup moins des idées et du contenu que du nombre de profs et des budgets mis en oeuvre. En l’occurence, les fameuses suppressions de poste à l’Education nationale monopolisent l’attention, bien plus que le fond de la réforme.
2. La crispation sur les matières. Chaque prof se fait avant tout le défenseur de sa matière, et part du principe que toute réforme est un danger potentiel pour celle-ci. Comment réorganiser le temps scolaire si on ne peut jamais enlever d’heure ? Comment repenser le programme s’il faut toujours ajouter, jamais retrancher ? C’est ainsi qu’un prof redoute que l’on donne de l’autonomie au chef d’établissement, car cela risquerait de déclencher une guerre des profs pour obtenir plus d’heures pour leur matière. Absurde !
3. L’absence de recul, de vision. On discute à fond d’un détail, et on perd le sens global. J’ai d’ailleurs posé une question pour connaître les grandes lignes de la réforme souhaitée par Thierry Cadart, question qui n’a pas reçu de réponse.
4. La culture de la grève. Beaucoup d’énergie dépensée pour « le mouvement de vendredi », « la grève du 23 mars » ou les brèches dans « l’unité syndicale » qui serait, d’après un intervenant, le sujet principal de discussion aujourd’hui dans les salles de profs.
Mais j’ai aussi trouvé quelques motifs d’espoir dans le débat, sur lesquels je reviendrai demain.

À propos de Jérôme Saltet

J'ai 50 ans, je suis marié et j'ai 3 enfants. Mon fils aîné a 21 ans et est en première année d'école de commerce. Ma fille a 18 ans et va passer un bac littéraire. Mon plus jeune fils a 11 ans et vient d'entrer en 6e. Ils ont tous les trois suivi leur scolarité dans les écoles publiques de notre quartier, à Paris.
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